"prENds GARDE !" constitue une version actualisée, socialement acceptable, des Ateliers "EN GARDE!"

Voila plusieurs mois que j'interviens à Dieppe pour des ateliers de protection personnelle (ce que j'appelle Défense Légitime), par le biais de mes ateliers "prENds GARDE!"

Dans ces ateliers, je propose de la sensibilisation pratique à la défense, de soi-même ou d'autrui, au moyen d'outils légaux que la législation française nous autorise au port et transport :

  • les mains
  • les pieds armés de grosses chaussures (sécu - rando, etc...)
  • la lampe tactique ou le stylo
  • le parapluie (long ou court) et la canne




Dans mon esprit, ces ateliers sont un moyen de mettre en pratique actualisée les techniques et concepts présents dans les Arts Martiaux Français, depuis des décennies, voire des siècles... tout en respectant les concepts de la légitime défense française de notre époque. 

Se protéger a toujours été une nécessité, et les moyens de le faire sont connus depuis toujours.
"EN GARDE !" en est l'expression, issue des enseignements du passé.

MAIS, ces Ateliers "prENds GARDE!" sont revêtus d'un prisme bien particulier :
  1. ils reposent sur des concepts autochtones : concepts historiques liés à l'escrime et ses déclinaisons au sein des AMF - concepts "nationaux" car ils s'appuient sur l'esprit des AMF adaptés à la Législation française actuelle.
  2. ils reposent sur le concept de Citoyenneté  : Faire ce que la Loi nous autorise dans le domaine de la protection de soi au d'autrui, avec une idée forte : "Je ne veux absolument pas me battre, mais si j'y suis obligé.e, j'ai les moyens de le faire ! Peut-être même que tu risques, toi l'agresseur, d'y laisser des plumes !"
Je ne suis pas policier, ni militaire, ni agent de sécurité et je ne veux pas que les stagiaires réagissent avec des concepts et des outils de professionnels.
Juste avec les outils du citoyen lambda que nous sommes tous.

Les réponses proposées sont simples, directes, surtout axées sur la gestion de la menace et de la riposte en percussion plus fuite. Point de clé articulaire complexe ou de projection impossible à réaliser à cause de la différence de poids ou de force.
On cède souplement pour mieux percuter rapidement un point sensible qui perturbe et dessere la menace. Rien de plus, rien de moins. 
Une fois que la menace est enclenchée, la neutraliser au plus vite et fuir. 

Ce concept s'exprime par le choix du nom de l'atelier "preNds GARDE !" ainsi que du visuel principal qui l'exprime simplement : La main qui exprime "STOP !" et la mise à distance de la menace.



La technicité proposée et sa pratique reposent, comme déja dit, sur l'état d'esprit et les techniques des Arts Martiaux Français, mixés, digérés, recontextualisés par mes soins : Ici, point de Krav, Silat, Kali ou autre MMA. 
Non, de la savate originelle, de la canne et de l'escrime, du couteau... transféré dans les outils modernes cités.
Un peu de dégagement de saisie - car c'est l'une des premières demandes qui m'a été faite - , les technicités les plus simples de la lutte parisienne, utilisables même à infériorité de poids ou de différence de force. ... et si ça marche pas, on percute, encore et toujours !

Pour cela les "coups vicieux" sont dispensés... quasi exclusivement eux d'ailleurs, car ils permettent de diminuer l'emprise du plus grand, plus lourd, plus fort. 
Pour paraphraser un illustre ancien : Si l'on peut "la peur doit changer de camp".

Cela peut paraitre prétentieux, mais, comme beaucoup d'activités similaires, l'idée est de restaurer la confiance sur ses capacités propres et de se mettre dans la disposition d'esprit de passer de cible molle à cible dure !

J'essaye, aussi, d'expliquer les logiques d'agression, de prédation, la psychologie de l'agresseur... ainsi que les limites légales de la légitime défense française.
Pour que chacun ait les moyens de réflexion à sa disposition. Mesure un maximum de tenants et d'aboutissants.

Dans mon atelier mensuel, nous ne faisons pas de circuit-training à base de situation car à Dieppe, ils le font dans les cours réguliers. Ca me va bien car je n'ai jamais cru à ces circuits-training ayant pour but de mettre sous stress : Personnellement, aucun circuit-training ne m'a jamais mis sous stress, car mon cerveau "sait" que c'est un exercice..;
Par contre des exercices qui puisent dans les réserves et épuisent, ça, je trouve que c'est bien plus enrichissant pour se connaître, soi et ses limites. 
Des exercices à plusieurs pour submerger d'information et sauver ce qui peut être sauvé - en terme de capacité de réaction/discernement actif - me paraissent plus utiles. ... et ça, ça met sous stress.
l'echauffement est fait, souvent à base de quadrupédie, de chutes et roulades ainsi que de jeux de luttes - qui sont la première approche de l'opposition, de l'adversaire... -, et dont le but est d'aguerrir le corps par l'inconfort du sol, de la posture, de la mobilité différente. 
Sans compter que ce sont des exercices de renforcement global et qui peut être dosé. 

Et la méthodologie qui va avec : Une technicité que je souhaite exigeante en terme de précision, "triturée et mise en difficulté" dans le cadre d'assauts à thématiques défense personnelle. Pas forcément des fine motors skills - qui ne marchent sans doute pas à moins d'avoir des années et des années (et encore !) de pratique- , mais un savoir-faire simple (?), basé sur des ciblages spécifiques réduits - toujours les mêmes - qui a pour vocation de fonctionner partout et, si possible sur tous
Une volonté de vitesse de réaction - souvent les mêmes options proposées, donc une diminution du circuit de réponse - et d'actions enchainées. 
Un soin apporté au déplacement et placement pour faciliter l'accès aux cibles.

Le tout SANS protections, pour coller à une "certaine forme de réalité" : Pas de gants, de protèges-tibia, protège-dents, casques, etc... Non, le costume brut du quotidien
Les percussions ou les pressions percutées sont faites avec les armes naturelles les plus robustes et les plus fiables pour ne pas se blesser : coudes, manchettes, mains ouvertes... ou l'un des outil cités plus haut et qui augmente le pouvoir incapacitant de manière proportionnelle.

Une exigence de contrôle des actions : de souple, "à la touche", jusqu'à de la puissance augmentée et dosée dans l'augmentation.
Si l'on apprend à contrôler à a la salle, on sais aussi ne pas contrôler si besoin... Le pao et le fameux Bob, sont est nos alliés en terme de lâcher de force... 
Dans les exercices avec incertitude haute, on s'autorise, pour ne pas diminuer la vitesse, à travailler à la touche et souplement. 

Les outils-armes : la particularité !

Un soin spécifique est apporté sur l'accès à l'outil dans le flot de l'action : comment "dégainer" sa lampe, passer de la garde passive du parapluie à une utilisation effective de celui-ci. Comprendre que l'outil bien manié est notre plus sur allié car il décuple la puissance de feu

L'outil est une spécificité humaine, notre allié depuis la grotte préhistorique, pour compenser notre faiblesse... C'est lui, surtout qui nous a permis de survivre.
Il a toute sa place, indispensable, dans cette situation, justement, de survie (à défaut de survie physique, au moins de survie mentale et psychologique - car c'est aussi de cela qu'il s'agit quand on parle d'agression -)

Il est le premier rempart à la menace, pour dissuader ou rectifier le déséquilibre de puissance

Les expériences ont maintes fois démontré que personne ne saura jamais, avant le moment fatidique, s'il pourra faire quelque chose, s'il sera paralysé par la sidération ou pas...
mais le but de ces séances est de faire réfléchir en action, se préparer autant que faire se peut... et se dire que "je ne me laisserai pas faire, car j'ai des outils qui marchent pour me défendre" et donc, toi, "prends garde !

Emile Boudacier